Et Quoi Maintenant? Récit de la naissance de Poppy

A propos des parents

Nous sommes Alex & Tina, les parents d’un petit garçon Strasbourgeois prénommé Poppy, même s’il est d’origine Serbe de part ça maman et Franco-Italien de part sont Papa. Poppy aurait du arriver à terme le 26 Novembre 2023, mais la vie en à décidé autrement, il est décédé le 23 Novembre 2023 et né le 25 Novembre 2023. A ce moment-là, nous avions 33 ans (Alex) et 35 ans (Tina), et l’histoire de Poppy, même si courte fût remplis d’amour. Car, avoir un enfant était la chose que nous désirions le plus. 

Un prénom pas comme les autres

Vous allez nous dire que Poppy est un nom hors du commun ! Et c’est vrai. En fait, lorsqu’on a appris la grossesse de notre fils et que l’on ne savait pas son sexe, nous avons décidé de le surnommer Poppy (Seed) car en anglais cela signifie « pavot » et c’est la taille qu’il avait à ce moment-là. Lors de sa naissance sans vie, nous ne souhaitions pas lui donner un autre prénom car Poppy était le prénom avec lequel on l’appelait, on parlait avec lui pendant 9 magnifiques mois. 

Poppy (Flower) en anglais peut aussi désigner le coquelicot, une fleur qui symbolise le sommeil, la paix et la mort. Et qui aujourd’hui, nous rappelle notre fils lorsque nous nous baladons. 

Notre citation favorite

Une vie n’a pas besoin d’être longue pour qu’elle ait un sens.

Le récit de la naissance d’un tout-petit

À notre fils bien-aimé, Poppy, qui nous a donné neuf mois de bonheur et qui nous a quittés à 40 semaines et demie, trois jours avant son terme.

Une matinée comme les autres

Le 23 novembre 2023 restera à jamais le jour où nous avons appris que la plus belle journée de notre vie pouvait devenir la pire en quelques secondes.

À 3h16 du matin, Tina a perdu le bouchon muqueux. Poppy donnait des coups avec une force inhabituelle, comme s’il voulait nous prévenir qu’il était temps. Ce matin-là, nous étions les gens les plus heureux du monde : nous allions bientôt le rencontrer.

Et puis, après le déjeuner, plus rien. Lui qui bougeait tant ces derniers jours était devenu silencieux. Nous sommes partis à la maternité où nous devions accoucher.

Ce qui devait être un contrôle de routine s’est transformé, en l’espace de quelques minutes, en une succession d’examens de plus en plus inquiétants : monitoring, échographie, gynécologue appelé en renfort. Vers 14h, on nous a annoncé qu’il n’y avait plus de battements de cœur. Notre fils était décédé. Une mort in utero, trois jours avant son terme.

On nous a expliqué que cela touche 2 à 3 naissances sur 1000 en France, que ce n’était la faute de personne et que la vie ne s’explique pas toujours. Les mots n’ont rien changé à la chute vertigineuse dans laquelle nous venions d’entrer.

Il a fallu choisir : rester à l’hôpital ou rentrer chez nous pour la nuit après le déclenchement de l’accouchement. Nous avons choisi de rentrer, pour affronter une dernière fois la maison telle qu’elle était encore, avec toutes les affaires de Poppy déjà prêtes pour lui.

La nuit la plus longue

Cette nuit-là a été la plus longue de notre vie. Nous avons pleuré à tour de rôle, sans jamais vraiment dormir. Le lendemain, avec mon beau-père, j’ai rangé tout ce qui appartenait à Poppy pour le mettre au garage – un geste d’une violence que je n’avais pas imaginée.

Le 24 novembre au soir, nous sommes retournés à l’hôpital. Une infirmière et une sage-femme, nous ont accompagnés avec une humanité que nous n’oublierons jamais. Elles nous ont laissé du temps pour décider de tout ce qu’il fallait décider : l’autopsie, la crémation, si nous voulions le porter dans nos bras, s’il porterait des vêtements. J’ai apporté la tenue de sortie de maternité que nous avions choisie pour lui. C’est celle qu’il a portée.

La naissance

Poppy est né le 25 novembre 2023 vers 9h30, après un travail qui s’est finalement déroulé sans complication. On nous a expliqué que le cordon ombilical s’était probablement coincé autour de sa jambe – un accident impossible à prévoir. Il était grand, fin, magnifique.

Nous avons eu la chance immense – grâce à une équipe qui a accepté de sortir du cadre habituel – de rester plusieurs heures avec lui dans la chambre de naissance, rideaux tamisés, juste nous trois. Nous lui avons parlé, nous lui avons dit tout ce que nous avions prévu pour lui, nous avons rejoué la musique que nous lui passions chaque matin et chaque soir avant sa naissance. Une sage-femme a pris une empreinte de ses mains et de ses pieds dans un cadre en plâtre. Mes parents et ma sœur ont pu venir le voir, l’un après l’autre.

C’était un moment étrange, un mélange de bonheur et de douleur difficile à décrire. Nous l’avons embrassé autant de fois que nous le pouvions, même en sachant qu’il était froid. Le dire au revoir, vers 16h30, a été la chose la plus dure que nous ayons jamais faite.

Les jours d’après

Nous sommes rentrés chez nous le 26 novembre. Nous avons choisi de faire les choses simplement : une crémation, et la dispersion des cendres au jardin du souvenir du cimetière nord de Strasbourg, non loin de chez nous.

La cérémonie a eu lieu le 7 décembre, en tout petit comité, avec la famille et les amis les plus proches. Le soir même, notre gynécologue nous a appris que les résultats de l’autopsie montraient que tous ses organes étaient sains. Il était parfait.

Ce qui reste

Les semaines qui ont suivi ont été faites de vagues : des matins où le chagrin nous submergeait, des moments de grâce en pensant à lui, et cette certitude, encore aujourd’hui, qu’il n’y a pas une heure où nous ne pensons pas à lui.

Nous avons eu la chance d’être entourés de notre famille, de nos amis, de l’équipe de la maternité et d’autres parents qui avaient déjà été là et ont partagé leur expérience et leurs mots avec une générosité qui nous a beaucoup aidés.

Si je devais dire une chose à des parents qui traversent ce que nous avons traversé : le temps n’efface rien, mais il apprend à respirer, un souffle après l’autre. Et le droit d’en parler, de dire son prénom, de raconter son histoire, compte autant que le silence qu’on nous impose parfois autour du deuil périnatal.

C’est pour ça que nous avons voulu que cette page existe.

Alexandre, papa de Poppy